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158. Victor III
4 questions · Religion et croyances
Victor III, né Dauferio vers 1027 à Bénévent, est le 158e pape. Fils cadet du prince lombard Landolf V de Bénévent, il entre jeune au Mont-Cassin, l’abbaye fondée par saint Benoît, et en devient l’abbé en 1058 sous le nom de Didier. Il en fait l’un des plus brillants foyers de culture de son temps : il enrichit la bibliothèque, fait copier et enluminer les manuscrits, rebâtit l’église et fonde une école de mosaïstes. Proche des Normands, il négocie en 1080 le rapprochement entre Grégoire VII et Robert Guiscard. Élu le 24 mai 1086, il hésite longtemps et se retire dans son abbaye, car l’antipape Clément III tient une partie de Rome ; il n’est consacré que le 9 mai 1087. En août 1087, au synode de Bénévent, il excommunie l’antipape et bannit deux prélats du royaume de France, Hugues de Die, archevêque de Lyon, et Richard de Millau, abbé de Saint-Victor de Marseille. Tombé malade, il meurt au Mont-Cassin le 16 septembre 1087. Il a été béatifié en 1887.
À la fin du XIe et au début du XIIe siècle, l’Église est déchirée par la querelle des Investitures. Depuis Grégoire VII, les papes veulent que les évêques soient choisis et investis par l’Église seule, et non par les princes laïcs. L’empereur Henri IV, humilié à Canossa en 1077, répond en faisant élire un antipape, Clément III, qui tient longtemps une partie de Rome. Les papes de la réforme grégorienne s’appuient sur les Normands d’Italie du Sud, sur la puissante abbaye de Cluny, en Bourgogne, et sur le royaume de France, où ils trouvent souvent refuge. Le conflit ne prend fin qu’en 1122, avec le concordat de Worms.
Le pape est l’évêque de Rome et le chef de l’Église catholique, qui compte depuis l’apôtre Pierre une succession ininterrompue de papes. Retiens ici le rang de Victor III dans cette longue liste, les dates de son pontificat et l’époque à laquelle il appartient.
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