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Ada Lovelace
12 questions · Société et quotidien
Ada naît le 10 décembre 1815 à Londres, et son nom fait déjà rêver toute l’Angleterre : elle est la fille unique du poète Lord Byron, la plus grande célébrité littéraire de son temps. Mais le père quitte le foyer quelques semaines après sa naissance, puis le pays, et Ada ne le reverra jamais. Sa mère, Annabella Milbanke, passionnée de mathématiques, décide de protéger l’enfant de l’héritage « poétique » et tumultueux de Byron en lui imposant une éducation rigoureuse en sciences, chose rarissime pour une fille à l’époque.
Encouragée par la grande savante Mary Somerville, la jeune femme rencontre en 1833, lors d’une soirée londonienne, l’inventeur Charles Babbage. Il lui montre une partie de sa machine à différences, et c’est le coup de foudre intellectuel. Babbage rêve déjà d’un appareil bien plus ambitieux, la machine analytique, programmable grâce à des cartes perforées inspirées du métier Jacquard. Il la surnommera bientôt « l’enchanteresse des nombres ».
En 1843, Ada traduit en anglais un article de l’ingénieur italien Luigi Menabrea consacré à cette machine, rédigé en français. Elle y ajoute ses propres commentaires, presque trois fois plus longs que le texte d’origine. Dans la dernière de ces notes, la note G, elle décrit pas à pas comment calculer les nombres de Bernoulli : c’est ce que l’on considère aujourd’hui comme le premier programme informatique publié. Plus visionnaire encore, elle pressent qu’une telle machine pourrait manipuler des symboles et même composer de la musique, bien au-delà du simple calcul. Elle appelle cette façon de penser, qui marie imagination et rigueur, la « science poétique ».
Ada Lovelace meurt d’un cancer en 1852, à 36 ans seulement, le même âge que son père, aux côtés duquel elle demande à être enterrée. La machine analytique ne sera jamais construite. Mais en 1980, un langage de programmation reçoit le nom d’Ada, et chaque deuxième mardi d’octobre, l’Ada Lovelace Day célèbre les femmes de science.
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