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Figures de style
18 questions · Langue
Les figures de style ne sont pas des ornements qu’on accroche à un texte une fois écrit : ce sont les outils qui donnent aux mots leur force. Quand Paul Valéry appelle la mer « ce toit tranquille, où marchent des colombes », il fait une métaphore, une image sans mot de liaison. Quand Baudelaire écrit « mon cœur, comme un oiseau », le petit mot « comme » signale une comparaison. Prêter à la Douleur les traits d’un enfant qu’on gronde, c’est la personnification ; répéter « je te l’ai dit mille fois », c’est l’hyperbole. La direction inverse est tout aussi efficace : le « Va, je ne te hais point » de Chimène dit moins pour faire entendre plus, c’est la litote, et Voltaire peint une bataille sanglante en termes élogieux par pure ironie.
Les contradictions offrent des effets saisissants. L’oxymore enferme deux contraires dans une seule expression, comme « cette obscure clarté qui tombe des étoiles ». Le paradoxe étend la contradiction à toute une idée : « Je meurs de soif auprès de la fontaine », chante Villon. L’antithèse oppose deux termes distincts, « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire », et le chiasme les croise en miroir, comme dans la réplique de « L’Avare » : « il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger ».
Restent les figures du son et du rythme. L’allitération fait siffler les serpents de Racine ; l’anaphore martèle un mot en tête de phrase, comme « Paris » dans le discours du général de Gaulle en 1944 ; l’onomatopée imite le bruit qu’elle désigne, tic-tac, plouf ou cocorico. L’euphémisme adoucit une réalité pénible, la question rhétorique n’attend aucune réponse, la gradation monte en puissance avec le « Va, cours, vole, et nous venge » du « Cid ». L’ellipse supprime ce que l’on devine (« À chacun son métier »), tandis que le pléonasme fait l’inverse et dit deux fois la même chose, comme « monter en haut ».
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