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Jesse Owens
10 questions · Sport
Jesse Owens est né en 1913 en Alabama, petit-fils d’esclaves et fils de pauvres cueilleurs de coton. Enfant, il travaillait déjà ; sa famille finit par partir vers le nord, à Cleveland, dans l’espoir d’une vie meilleure. Sur la piste en cendrée, pourtant, ce garçon frêle devint un prodige de vitesse et de légèreté, et il allait écrire l’histoire du sport dans le lieu le plus politique qui soit.
En mai 1935 déjà, lors d’un meeting universitaire, il avait établi trois records du monde et égalé un quatrième en moins d’une heure. Un an plus tard, aux Jeux olympiques de Berlin, que le régime nazi voulait transformer en vitrine de son idéologie raciale, cet Américain noir remporta quatre médailles d’or : le 100 mètres, le 200 mètres, le saut en longueur et le relais 4 × 100 mètres. Sous les yeux des dirigeants nazis, il réduisait à néant leur propagande sur la prétendue supériorité d’une « race aryenne ».
Ses exploits firent de lui un symbole : celui d’un talent et d’une dignité qui ne dépendent pas de la couleur de peau. Le concours du saut en longueur donna naissance à une amitié restée célèbre. Son rival allemand Luz Long, voyant Owens en difficulté lors des qualifications, l’aurait conseillé, puis il fut le premier à le féliciter devant le public berlinois après sa victoire. Les deux hommes s’écrivirent jusqu’à la mort de Long, tombé pendant la Seconde Guerre mondiale.
De retour aux États-Unis, Owens retrouva pourtant la ségrégation et le racisme du quotidien ; on le fit entrer par la porte de service lors d’une réception donnée en son honneur. Il dut gagner sa vie par des courses d’exhibition, parfois contre des chevaux. La reconnaissance vint tard. Owens mourut en 1980, comme l’une des grandes figures sportives du XXe siècle, et son record de quatre titres dans une même édition ne fut égalé qu’en 1984 par Carl Lewis.
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