🔤
Jeux de mots
18 questions · Langue
La langue se prête au jeu avec une patience étonnante. On peut brouiller ses lettres jusqu’à ce que « chien » devienne « niche » : c’est l’anagramme, et André Breton en fit une arme en rebaptisant Salvador Dalí « Avida Dollars ». On peut écrire des phrases qui se lisent dans les deux sens, comme « Ésope reste ici et se repose », et l’on obtient un palindrome. On peut faire tenir tout l’alphabet dans une seule phrase : « Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume » est le pangramme favori des typographes. On peut enfin fuir une lettre avec obstination : Georges Perec a écrit tout un roman, « La Disparition », sans un seul « e », le plus célèbre des lipogrammes.
Les abréviations ont aussi leur vocabulaire. Quand OTAN se prononce comme un mot, c’est un acronyme ; quand SNCF s’épelle lettre par lettre, c’est un sigle. Et quand on invente après coup une jolie explication pour un sigle existant, comme « Save Our Souls » pour SOS, on fabrique un rétroacronyme. Deux mots fondus en un seul donnent un mot-valise, comme « franglais » ou « courriel » ; un mot tout neuf est un néologisme.
Le reste de ce paquet est un terrain de jeu. La contrepèterie intervertit les sons, art cultivé depuis Rabelais ; l’holorime aligne deux vers qui se prononcent de la même façon d’un bout à l’autre ; l’ambigramme reste lisible tête en bas ; le tautogramme fait commencer chaque mot par la même lettre ; l’acrostiche cache un nom dans les initiales des vers, comme Villon le sien. Il y a encore le virelangue des chaussettes de l’archiduchesse, les homophones « ver, verre, vert », l’énantiosème qui porte deux sens contraires, comme « louer », et pour finir le calembour, dont on soupire avant d’en rire.
S’entraîner gratuitement
PurFact vous remontre chaque carte juste avant que vous l’oubliiez. C’est ainsi que les connaissances restent.