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L’homme de Denisova
12 questions · Sciences
L’homme de Denisova est la première forme humaine décrite non pas d’après ses os, mais d’après son ADN. En 2008, des archéologues russes fouillant la grotte de Denisova, dans les monts Altaï en Sibérie, mettent au jour une minuscule phalange de petit doigt, probablement celle d’une fillette. L’os n’a rien de spectaculaire, mais le froid de la grotte a préservé son ADN. Lorsque l’équipe de Svante Pääbo, à Leipzig, le séquence en 2010, il ne correspond à rien de connu : ni Néandertalien ni homme moderne, mais une troisième forme humaine, séparée de la lignée de Néandertal il y a plusieurs centaines de milliers d’années.
Les fossiles restent rares, une poignée seulement : des dents, des phalanges, des fragments de crâne et une mâchoire trouvée à 3 280 mètres d’altitude sur le plateau tibétain. Cette mâchoire a offert l’une des plus belles histoires de la paléogénétique : la tolérance des Tibétains à la haute altitude vient d’une variante du gène EPAS1 héritée des Dénisoviens. Et ces derniers n’ont pas totalement disparu : en Papouasie, chez les Aborigènes d’Australie et aux Philippines, leur héritage représente encore plusieurs pour cent du génome.
Depuis, la génétique va plus loin encore : on détecte les Dénisoviens dans l’ADN des sédiments, sans le moindre os, et en 2025 le crâne de Harbin, baptisé Homo longi, leur a été attribué, offrant enfin un visage à ce groupe. Dans la même grotte sibérienne, un éclat d’os a livré la nouvelle la plus émouvante de toute l’histoire humaine : il appartenait à « Denny », une adolescente dont la mère était néandertalienne et le père dénisovien.
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