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L’homme de Néandertal
12 questions · Sciences
Aucun homme préhistorique n’a autant souffert de sa réputation. En 1856, des carriers découvrent une calotte crânienne et des ossements dans la vallée de Neander, près de Düsseldorf. On y voit d’abord les restes d’un cosaque rachitique, puis, en 1911, Marcellin Boule reconstitue le squelette du « vieillard » de La Chapelle-aux-Saints, en Corrèze, comme celui d’une brute voûtée traînant les pieds. Or cet homme âgé souffrait surtout d’une arthrose sévère. Les Néandertaliens marchaient aussi droit que nous et avaient en moyenne un cerveau un peu plus gros que le nôtre.
Ils chassaient en groupe à la lance, soignaient longtemps leurs malades, fabriquaient du brai de bouleau, une colle qui exige de chauffer l’écorce à l’abri de l’air, et ont sans doute peint des parois de grottes espagnoles il y a plus de 64 000 ans, bien avant l’arrivée d’Homo sapiens en Europe. Un os hyoïde semblable au nôtre laisse penser qu’ils pouvaient parler. Leur corps trapu, aux membres courts, était une adaptation au froid. Ils ont vécu il y a environ 400 000 à 40 000 ans en Europe et en Asie occidentale.
Ils n’ont pas disparu sans laisser de traces. Quand l’équipe de Svante Pääbo déchiffre leur génome en 2010, il apparaît que tous les humains dont les ancêtres ont quitté l’Afrique portent un à deux pour cent d’ADN néandertalien, héritage d’enfants communs. Pourquoi se sont-ils éteints ? Probablement pas à cause d’une guerre, mais d’un climat instable combiné à l’isolement de petits groupes et à la concurrence. Ironie de l’histoire : la vallée devait son nom au poète Joachim Neander, dont le nom de famille, Neumann, signifie « homme nouveau ».
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