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Perséphone
12 questions · Mythologie
Perséphone est à la fois la déesse grecque des Enfers et celle du printemps : une figure entre la vie et la mort. Fille de Déméter, déesse des moissons, elle grandit dans la lumière sous le nom de Coré, « la jeune fille ». Un jour qu’elle cueillait des fleurs dans une prairie, la terre s’ouvrit : Hadès surgit sur son char et l’emporta dans son royaume souterrain pour en faire sa reine. Zeus avait secrètement consenti à l’enlèvement.
Folle de chagrin, Déméter erra sur la terre, et les champs cessèrent de produire. Zeus dut céder : Perséphone reviendrait. Mais aux Enfers, elle avait mangé des grains de grenade, et quiconque goûte à la nourriture des morts leur reste lié. Désormais, elle passe une partie de l’année auprès d’Hadès, le plus souvent un tiers, et le reste auprès de sa mère. Quand elle remonte, la terre fleurit ; quand elle redescend, l’hiver s’installe : ainsi s’expliquent les saisons, et les mystères d’Éleusis célébraient ce cycle de mort et de renaissance.
Reine redoutée, elle inspirait une telle crainte qu’on évitait de prononcer son nom et qu’on l’appelait « la Maîtresse », Despoina. Jalouse, elle changea la nymphe Menthé, aimée d’Hadès, en une plante, la menthe ; elle disputa aussi à Aphrodite le bel Adonis. Les Sirènes, dit-on, avaient été ses compagnes de jeux.
Les Romains l’appelaient Proserpine. L’Enlèvement de Proserpine du Bernin, à Rome, en est l’image la plus saisissante, et à Versailles, le groupe de François Girardon montre Pluton emportant la déesse. En 1934, Igor Stravinsky créa à l’Opéra de Paris son mélodrame Perséphone, sur un texte d’André Gide.
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