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Premiers secours : que faire en cas d’urgence ?

21 questions · Santé et médecine

En France, la plupart des gens savent qu’il faut appeler le 15, le 18 ou le 112 en cas d’urgence. La vraie question, c’est ce qui vient ensuite, car tout se joue souvent dans ces minutes-là : les secours mettent en moyenne plusieurs minutes à arriver, alors qu’un cerveau privé d’oxygène ne tient que trois minutes. Celui qui agit dans cet intervalle peut sauver une vie ; celui qui ne fait rien le laisse filer. La bonne nouvelle, c’est qu’il faut savoir étonnamment peu de choses. La formation PSC1 tient en trois mots : protéger, alerter, secourir. Les recommandations de réanimation de l’European Resuscitation Council, révisées en 2025, ont été volontairement simplifiées, avec un message clair pour le grand public : commencez. Celui qui n’ose pas faire les insufflations se contente de masser sans s’arrêter, et c’est explicitement admis. La seule vraie erreur est de ne rien faire, d’autant que la loi du 3 juillet 2020 a créé le statut de « citoyen sauveteur », qui protège celui qui porte secours de bonne foi. Ce paquet ne parle donc pas de jargon, mais de gestes. Que faire face à un choc allergique, à une crise d’épilepsie, à une hémorragie ? Pourquoi ne donne-t-on rien à boire à une personne inconsciente, pourquoi commence-t-on par des claques dans le dos avant la manœuvre de Heimlich, et pourquoi faut-il pencher en avant, et non en arrière, la tête de quelqu’un qui saigne du nez ? Beaucoup de réponses sont des détails, mais des détails qu’il faut connaître le jour J, faute de temps pour les chercher. Un avertissement avant de commencer : ce paquet est un aide-mémoire, pas un mode d’emploi médical, et encore moins un substitut à une formation aux premiers secours ; les gestes s’apprennent en les pratiquant au moins une fois. Il suit les recommandations de l’European Resuscitation Council (version 2025) et celles de la Croix-Rouge française. En situation réelle, ce que dit le régulateur au téléphone prime toujours : lui connaît la situation, un quiz non.

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Toutes les questions avec réponse

Après une piqûre de guêpe, quelqu’un a du mal à respirer et se couvre de plaques d’urticaire. Qu’est-ce qui compte le plus ?

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Alerter et injecter l’adrénaline

Lors d’un choc anaphylactique, l’adrénaline est le seul produit qui agit assez vite. Beaucoup d’allergiques portent un auto-injecteur sur eux : dans le doute, demandez-le ou cherchez-le dans leur sac.

💡 Le saviez-vous ? L’adrénaline n’est efficace que si elle arrive tôt. Les recommandations sont claires : dans le doute, mieux vaut injecter, car le danger de la réaction allergique l’emporte sur le risque de l’injection.

Où pique-t-on avec un stylo auto-injecteur d’adrénaline ?

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Extérieur de la cuisse

Appuyer fermement et maintenir le temps indiqué sur le stylo : 3 ou 10 secondes selon le modèle. Si nécessaire, on peut piquer à travers un vêtement fin ; le temps compte plus qu’une cuisse dénudée.

💡 Le saviez-vous ? Ni dans la fesse ni dans le bras : c’est dans le muscle de la cuisse que l’adrénaline passe le plus vite dans le sang.

Pourquoi une victime de réaction allergique grave ne doit-elle pas se mettre debout brusquement ?

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La circulation s’effondre

En cas de malaise circulatoire, allonger la victime et surélever ses jambes ; si elle a du mal à respirer, la laisser au contraire assise : elle respire alors plus facilement.

💡 Le saviez-vous ? Des cas ont été décrits où des victimes sont mortes parce qu’elles s’étaient assises ou levées trop tôt.

Une personne est inconsciente et ne respire pas normalement. Que faut-il faire ?

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Alerter et masser

Depuis les recommandations de 2025, on alerte d’abord, puis on vérifie : le régulateur aide au téléphone et compte le rythme si besoin.

💡 Le saviez-vous ? Les gasps ressemblent à une respiration, mais n’en sont pas : quelques mouvements respiratoires bruyants et isolés signalent un arrêt cardiaque, il faut alors masser aussitôt.

Que doit faire un témoin qui ne se sent pas capable de pratiquer les insufflations ?

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Uniquement les compressions

Les recommandations le disent clairement : celui qui hésite continue simplement à masser. Les sauveteurs formés peuvent alterner 30 compressions et 2 insufflations.

💡 Le saviez-vous ? Cette simplification a une raison : par peur du bouche-à-bouche, beaucoup n’osaient autrefois même pas commencer.

De combien enfonce-t-on la poitrine d’un adulte lors du massage cardiaque ?

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5 à 6 cm

Au milieu de la poitrine, 100 à 120 fois par minute, en laissant la poitrine remonter complètement après chaque compression.

💡 Le saviez-vous ? Le rythme de « Stayin’ Alive » des Bee Gees tombe presque juste : c’est pourquoi la chanson sert encore dans les formations.

Quelqu’un avale de travers et ne peut plus respirer. Par quoi commence-t-on ?

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Claques dans le dos

Pencher la victime en avant et frapper cinq fois avec le talon de la main. Si cela ne suffit pas, on enchaîne cinq compressions abdominales : la manœuvre de Heimlich.

💡 Le saviez-vous ? Tant que la personne tousse fort, la toux est la meilleure aide : on ne frappe pas, on l’encourage à continuer de tousser.

Que faut-il toujours faire après une manœuvre de Heimlich réussie ?

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Consulter un médecin

La pression sur le haut du ventre peut blesser des organes internes, même si tout semble aller bien ensuite.

💡 Le saviez-vous ? Chez la femme enceinte et la personne obèse, on comprime plutôt le milieu de la poitrine.

Pourquoi met-on en position latérale de sécurité une victime inconsciente qui respire normalement ?

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Pour garder les voies aériennes libres

Sur le dos, la langue relâchée peut obstruer la gorge, et les vomissements peuvent passer dans les poumons. Sur le côté, ils s’écoulent hors de la bouche.

💡 Le saviez-vous ? Il faut continuer à surveiller la respiration : si elle s’arrête, on remet aussitôt la victime sur le dos et on masse.

Que signifient les quatre lettres du message VITE, diffusé en France pour reconnaître un AVC ?

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Visage, inertie, trouble de la parole, en urgence

Faire sourire la personne, lui faire lever les deux bras, lui faire répéter une phrase simple : si l’un de ces gestes coince, chaque minute compte. Ailleurs, on retient le sigle anglais FAST (Face, Arms, Speech, Time).

💡 Le saviez-vous ? Chaque minute d’AVC détruit environ deux millions de neurones, d’où la formule « Time is brain ».

Pourquoi ne donne-t-on rien à manger ni à boire en cas de suspicion d’AVC ?

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La déglutition est perturbée

Cela vaut aussi pour les médicaments. Tout ce qui passe dans la trachée peut provoquer une grave pneumonie.

💡 Le saviez-vous ? La même règle s’applique à toute personne dont la conscience est altérée, et à plus forte raison à une personne inconsciente.

Dans quelle position installe-t-on quelqu’un chez qui on soupçonne un infarctus ?

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Buste relevé

Desserrer les vêtements, rassurer, ne plus faire marcher la victime et rester auprès d’elle jusqu’à l’arrivée des secours.

💡 Le saviez-vous ? Chez les femmes, l’infarctus se manifeste souvent autrement : nausées, essoufflement ou douleurs dans le haut du ventre plutôt que l’oppression typique dans la poitrine.

Qu’est-ce qui est le plus efficace contre une hémorragie importante après une blessure ?

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Appuyer sur la plaie

Au besoin à main nue avec un vêtement, puis avec un pansement compressif. Allonger la victime aide aussi.

💡 Le saviez-vous ? Le garrot n’est qu’un dernier recours pour les hémorragies mortelles d’un bras ou d’une jambe : la compression suffit presque toujours.

Qu’est-ce qu’il ne faut surtout pas faire pendant une crise d’épilepsie ?

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Mettre un objet dans sa bouche

Au contraire, écarter les objets dangereux, protéger la tête et regarder l’heure. Après les convulsions, mettre la personne en position latérale de sécurité.

💡 Le saviez-vous ? Personne n’avale sa langue pendant une crise : un objet dans la bouche, en revanche, casse des dents et peut bloquer les voies respiratoires.

À partir de quelle durée une crise convulsive devient-elle une urgence vitale ?

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5 minutes

On appelle aussi le 15 si une deuxième crise suit aussitôt, en cas de blessure ou s’il s’agit d’une toute première crise.

💡 Le saviez-vous ? Une crise qui ne s’arrête pas d’elle-même s’appelle un état de mal épileptique, et elle met la vie en danger.

Une personne diabétique devient tremblante et confuse. Qu’est-ce qui l’aide aussitôt ?

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Sucre ou jus d’orange

L’hypoglycémie est l’urgence la plus fréquente et la plus rapide. Dans le doute, donner du sucre : face à une glycémie trop haute, cela ne nuit guère ; face à une glycémie trop basse, cela sauve.

💡 Le saviez-vous ? On ne fait rien avaler à une personne inconsciente, pas même du sucre : dans ce cas, position latérale de sécurité et appel au 15.

Avec quoi refroidit-on correctement une petite brûlure ?

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Eau tempérée

Est considérée comme petite une brûlure de la taille environ de la paume de la victime. En France, on retient la règle des trois 15 : eau à 15 °C, à 15 cm, pendant 15 minutes. Ni glace, ni pommade, ni farine, ni huile sur une brûlure.

💡 Le saviez-vous ? Les brûlures étendues ne se refroidissent pas longuement : l’hypothermie serait plus dangereuse que la plaie.

Pourquoi ne faut-il pas faire vomir une personne après une intoxication ?

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Le produit brûle une seconde fois

Donner du lait est également une erreur, car il accélère l’absorption de certains poisons. Le bon réflexe : appeler le centre antipoison (ou le 15 en cas de détresse) et garder l’emballage à portée de main.

💡 Le saviez-vous ? Les centres antipoison répondent jour et nuit et conseillent aussi pour des soupçons sans gravité : mieux vaut appeler une fois de trop.

Comment place-t-on la tête en cas de saignement de nez ?

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Penchée en avant

Comprimer en même temps les ailes du nez pendant une dizaine de minutes.

💡 Le saviez-vous ? Basculer la tête en arrière est le grand classique des erreurs de premiers secours : le sang coule alors dans la gorge et dans l’estomac.

Lors d’une électrocution, que fait-on avant toute aide ?

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Couper le courant

Ne toucher la victime qu’ensuite, sinon on devient soi-même une seconde victime. Cela vaut pour la maison. Près d’une ligne à haute tension (voie ferrée, ligne aérienne, poste électrique), seule la distance protège : au moins 20 mètres, jusqu’à ce que le gestionnaire du réseau ait coupé.

💡 Le saviez-vous ? Autour d’une ligne à haute tension tombée au sol règne une « tension de pas » : un grand pas peut suffire à tuer, car une tension s’établit entre les deux pieds. On s’en éloigne donc à tout petits pas.

Quelle infraction commet-on en France en ignorant quelqu’un qui a besoin de secours, alors qu’on pouvait l’aider sans risque ?

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Non-assistance à personne en danger

L’article 223-6 du Code pénal le punit de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende. Aider est une obligation, dans la mesure où l’on ne se met pas soi-même en danger ; appeler les secours suffit déjà à remplir ce devoir.

💡 Le saviez-vous ? Il n’y a guère lieu de craindre les erreurs : depuis la loi du 3 juillet 2020, celui qui porte secours devient « citoyen sauveteur » et n’engage pas sa responsabilité civile, sauf faute lourde ou intentionnelle. Une côte cassée pendant un massage cardiaque n’en fait pas partie.

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