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Rosalind Franklin
10 questions · Société et quotidien
Rosalind Franklin naît en 1920 à Londres, dans une famille aisée, et sait dès l’adolescence qu’elle sera scientifique. Elle étudie la chimie à Cambridge et devient experte d’une technique exigeante : la cristallographie aux rayons X, qui permet de déduire la disposition des atomes d’un cristal à partir de la façon dont il dévie les rayons. C’est à Paris, de 1947 à 1950, au Laboratoire central des services chimiques de l’État, qu’elle perfectionne cet art sur les charbons et le graphite. Elle garde de ces années françaises un excellent souvenir, des amis fidèles et un français courant.
En 1951, elle rejoint le King’s College de Londres pour étudier l’ADN, la molécule qui porte l’information héréditaire. Avec son doctorant Raymond Gosling, elle obtient un cliché d’une netteté stupéfiante, la célèbre Photo 51 : sa figure en croix est la signature d’une structure en hélice. Mais l’ambiance est empoisonnée : une profonde méfiance l’oppose à son collègue Maurice Wilkins.
À son insu, Wilkins montre la Photo 51 à James Watson. Avec des données inédites de Franklin, le cliché fournit à Watson et Crick la pièce manquante : en 1953, ils présentent le modèle de la double hélice de l’ADN, où sa contribution n’apparaît que comme une note discrète. En 1962, Watson, Crick et Wilkins reçoivent le prix Nobel.
Rosalind Franklin ne connaît pas cette consécration. Après l’ADN, elle se consacre à la structure des virus, comme celui de la mosaïque du tabac, travaux qui lui valent une vraie reconnaissance internationale. Elle meurt en 1958, à 37 ans seulement, d’un cancer de l’ovaire, peut-être favorisé par des années d’exposition aux rayons X. Le Nobel ne pouvant être décerné à titre posthume, elle en reste exclue. Aujourd’hui, des instituts et le rover martien européen ExoMars portent son nom.
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