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Saša Stanišić
9 questions · Littérature
Saša Stanišić naît à Višegrad, en Bosnie-Herzégovine, le 7 mars 1978. En 1992, la guerre pousse sa famille à chercher refuge en Allemagne. Il y poursuit sa scolarité et construit une œuvre dans une langue qu’il apprend après celle de son enfance. Ce parcours nourrit son écriture, mais ses livres ne se limitent pas à un récit linéaire de l’exil. L’humour, les changements de voix et l’imagination permettent de regarder autrement les souvenirs et les histoires que les personnes racontent sur elles-mêmes.
Son premier roman paraît en 2006. Le Soldat et le Gramophone prend notamment le point de vue d’un enfant sur la guerre et le départ de Višegrad. Françoise Toraille le traduit pour Stock, qui publie l’édition française en 2008 dans la collection La Cosmopolite. Avant la fête reçoit le prix de la foire du livre de Leipzig en 2014. Pendant la nuit qui précède une célébration, les voix et les récits d’un village se mêlent. La traduction française de Toraille paraît l’année suivante.
Origines reçoit le prix du livre allemand en 2019. Le récit associe des souvenirs familiaux, des éléments autobiographiques et des jeux de narration pour interroger l’appartenance. La traduction française est publiée chez Stock en 2021. Toraille traduit aussi le recueil Pièges et embûches, paru en français en 2018. Ces publications rendent visibles différentes formes de l’œuvre : le roman, le récit des origines et les nouvelles, plutôt qu’un seul modèle d’écriture.
Stanišić est établi à Hambourg. Dans son discours de réception du prix du livre allemand en 2019, il adresse une critique à Peter Handke, distingué par le prix Nobel, en évoquant ses prises de position sur les guerres de Yougoslavie. Cette intervention relie le débat littéraire à des souvenirs vécus. Ses livres, eux, continuent de faire circuler plusieurs points de vue, en donnant aux histoires une place qui dépasse les frontières d’un seul pays.
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