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Survie : eau et nourriture
16 questions · Nature
La soif est plus patiente qu’on ne le croit, et en même temps impitoyable. Un adulte a besoin d’environ deux à trois litres par jour, nettement plus par forte chaleur et à l’effort, et le premier signal d’alarme fiable n’est pas la gorge sèche, mais une urine foncée. La bonne nouvelle : en France, on trouve de l’eau presque partout. La mauvaise : presque aucune ne devrait se boire sans précaution. Même le torrent de montagne le plus limpide peut transporter des giardias et d’autres germes, il suffit d’un chamois mort un peu plus haut. La méthode la plus sûre est la même depuis des siècles : faire bouillir. Une minute à gros bouillons, et pratiquement tous les agents pathogènes sont éliminés. Sans casserole, on se tourne vers les pastilles de désinfection ; un filtre improvisé de sable et de charbon, en revanche, ne fait que clarifier l’eau trouble et donne une fausse impression de sécurité. L’eau de pluie fraîchement recueillie est la rare exception que l’on peut boire telle quelle.
Et les mythes ? On ne mange pas la neige, on la fait fondre, sinon le corps paie cher pour la réchauffer. Boire son urine aggrave le manque d’eau, et le miracle du cactus des westerns se termine en réalité le plus souvent par des vomissements.
Pour la nourriture, l’urgence s’inverse : une personne en bonne santé tient des semaines sans manger, si bien qu’à la cueillette ce n’est pas le courage qui compte, mais la méfiance. L’amanite phalloïde remplit à elle seule la triste statistique des intoxications mortelles par les champignons, l’idée que « ce que mangent les oiseaux, nous pouvons le manger aussi » est tout simplement fausse, et celui qui ne connaît vraiment rien avance à petits pas avec le test de comestibilité. Les calories les plus fiables dehors sont peu romantiques : les orties et les larves d’insectes cuites.
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